Le tourisme investit massivement dans l’expérience client, la distribution et désormais l’intelligence artificielle. Pourtant, un autre sujet s’impose brutalement dans les priorités des dirigeants : la cybersécurité. En quelques jours, plusieurs acteurs majeurs du tourisme français ont été confrontés à des fuites de données. Dans le même temps, un rapport international révèle que 92 % des agences de voyages interrogées ont subi une cyberattaque, une tentative d’intrusion ou un incident de sécurité au cours des douze derniers mois. Pour les professionnels du tourisme, le message devient difficile à ignorer.
Selon la presse spécialisée, la cybersécurité n’est plus un sujet réservé aux directions informatiques. Elle devient un enjeu stratégique qui touche directement la confiance des voyageurs, la réputation des marques et la continuité de l’activité.
Sommaire
Le chiffre qui devrait alerter tout le secteur du tourisme
Publié le 20 mai 2026 par SecureTrust, filiale cybersécurité du groupe VikingCloud, le rapport « The Hottest Destination for Cyber Risk » dresse un constat préoccupant sur la situation des agences de voyages indépendantes aux États-Unis et au Royaume-Uni.
L’étude révèle que 92 % des agences interrogées ont été confrontées à une cybermenace ou à un incident de sécurité au cours des douze derniers mois.
Plus inquiétant encore, 66 % déclarent qu’une partie des données sensibles de leurs clients a été compromise. Parmi les informations concernées figurent notamment les adresses e-mail, les numéros de téléphone, les données personnelles, les informations de passeport, les itinéraires de voyage et certaines données de paiement.
Pour 68 % des responsables interrogés, les cyberattaques, les violations de données et les ransomwares constituent désormais la première préoccupation pour 2026, devant l’inflation et le risque de ralentissement économique.

Maeva, Belambra et Gîtes de France : le signal d’alarme français
Cette étude trouve un écho particulier en France. Fin mai, plusieurs acteurs importants de l’hébergement touristique ont reconnu avoir été victimes de fuites de données à quelques jours d’intervalle.
Selon TourMaG, Maeva, Belambra et Gîtes de France ont été touchés par des incidents distincts ayant conduit à l’exposition de données clients.
Au-delà des circonstances propres à chaque dossier, ces événements illustrent une même tendance : la numérisation du tourisme progresse plus rapidement que les investissements consacrés à la cybersécurité.
Pour les professionnels du secteur, ces incidents rappellent qu’aucune marque n’est trop connue, trop installée ou trop expérimentée pour être épargnée.
Pourquoi les agences de voyages sont devenues des cibles privilégiées
Les cybercriminels s’intéressent de plus en plus au tourisme pour une raison simple : peu de secteurs concentrent autant d’informations sensibles dans un même environnement numérique.
Une réservation peut contenir des coordonnées personnelles, des informations familiales, des copies de passeport, des données de paiement, des adresses postales et des détails précis sur les déplacements futurs d’un voyageur.
Le rapport SecureTrust identifie également plusieurs vulnérabilités récurrentes. Les passerelles de paiement, les systèmes de réservation, les plateformes cloud et les services de vérification d’identité figurent parmi les points de fragilité les plus souvent cités par les professionnels interrogés.
Autre enseignement marquant : 24 % des agences reconnaissent contourner certaines étapes d’authentification multifacteur pendant les périodes de forte activité afin de gagner du temps. Une pratique qui augmente mécaniquement le niveau de risque.
La donnée la plus dangereuse est parfois celle qui n’aurait jamais dû être conservée
L’un des enseignements les plus frappants des récentes affaires françaises concerne la durée de conservation des données.
Selon les informations relayées par la presse spécialisée, certaines données compromises remontaient à plusieurs décennies. Cette réalité met en lumière un problème souvent sous-estimé : l’accumulation continue d’informations devenues inutiles sur le plan opérationnel mais toujours exploitables par des cybercriminels.
Une donnée supprimée ne peut pas être volée. À l’inverse, des archives conservées pendant vingt ou trente ans peuvent devenir une source majeure de risque en cas d’intrusion.
Pour de nombreux experts, la réduction des volumes de données stockées constitue aujourd’hui l’un des leviers les plus efficaces pour limiter l’exposition aux cyberattaques.
Comment renforcer concrètement sa cybersécurité
Face à cette évolution des menaces, plusieurs actions apparaissent prioritaires pour les agences de voyages, les hébergeurs et les entreprises touristiques.
La première consiste à identifier précisément les données conservées et à supprimer celles qui ne présentent plus d’intérêt opérationnel ou réglementaire.
La généralisation de l’authentification multifacteur, la sensibilisation des collaborateurs au phishing, l’audit régulier des prestataires et la mise en place d’un plan de réponse aux incidents figurent également parmi les recommandations récurrentes des spécialistes.
SecureTrust estime par ailleurs que la conformité PCI DSS représente souvent une première étape accessible pour les structures manipulant des paiements et des données sensibles.
La cybersécurité devient un enjeu de confiance client
Pendant longtemps, les voyageurs ont choisi une agence, un hôtel ou une plateforme principalement en fonction du prix, de l’emplacement ou de la qualité du service.
Cette logique évolue progressivement. Les incidents récents montrent que la protection des données personnelles devient elle aussi un élément de confiance.
Pour les entreprises du tourisme, la cybersécurité n’est donc plus seulement un sujet technique ou réglementaire. Elle devient un facteur de différenciation commerciale et un élément clé de la relation client.
Les acteurs capables de démontrer une démarche structurée de protection des données, d’audit de leurs prestataires et de gestion des incidents pourraient bénéficier d’un avantage concurrentiel croissant dans les années à venir.
Le tourisme entre dans une nouvelle ère
Le rapport SecureTrust et les récents incidents ayant touché plusieurs acteurs français racontent finalement la même histoire. Le risque cyber n’est plus théorique. Il est désormais quotidien.
Selon la presse spécialisée, les entreprises touristiques font face à une surface d’attaque toujours plus large à mesure que les outils numériques se multiplient. Réservations en ligne, plateformes cloud, systèmes de paiement, CRM, programmes de fidélité et services tiers créent autant de points d’entrée potentiels.
La question n’est plus de savoir si une tentative d’attaque surviendra. Elle consiste désormais à déterminer si l’entreprise est prête à protéger ses données, à réagir rapidement et à conserver la confiance de ses clients lorsque l’incident se produit.
Sources
https://www.deplacementspros.com/mobility-management/le-vrai-risque-pour-une-agence-en-2026-ce-nest-ni-la-recession-ni-lia
https://www.tourmag.com/Trois-piratages-en-trois-jours-pourquoi-le-tourisme-va-devoir-prouver-sa-securite-ABO_a131995.html
https://www.vikingcloud.com

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