Les publicités pour les visas et ETA vont être davantage encadrées sur Google. À partir du 5 octobre 2026, les prestataires privés proposant l’obtention directe de certains documents de voyage devront répondre à des critères d’autorisation plus précis. Le changement concerne notamment les e-Visas, les autorisations électroniques de voyage et plusieurs documents d’entrée aux frontières.
Le sujet est loin d’être anecdotique. Lorsqu’un voyageur recherche un visa, une ETA ou une formalité d’entrée, une annonce payante peut apparaître avant les résultats naturels. Sa position dans Google ne signifie pas pour autant que le site appartient à l’administration du pays concerné.
Sommaire
Visas et ETA : ce que Google change réellement
Google restreint déjà les annonces permettant d’obtenir directement certains documents ou services gouvernementaux. La politique actuelle prévoit que les gouvernements et certains prestataires privés autorisés peuvent demander une certification afin de diffuser ces publicités.
La définition du prestataire autorisé devient plus exigeante. Google précise qu’une entreprise privée doit avoir reçu une autorisation explicite du gouvernement concerné pour fournir le document ou le service proposé.
Son nom de domaine doit également être accessible depuis un site gouvernemental officiel et y être explicitement présenté comme autorisé à fournir le service en question.
Selon la presse spécialisée, la mise à jour doit commencer à s’appliquer le 5 octobre 2026. VisasNews rapporte que Google renforcera à cette date les justificatifs permettant à un intermédiaire privé de démontrer son autorisation.

Un simple contrat ne suffira pas toujours
C’est probablement le point le plus important pour les entreprises positionnées sur les visas et ETA.
La possession d’un contrat commercial avec une administration, d’une licence professionnelle, d’une inscription à un registre d’entreprises ou la présence dans une publication gouvernementale ne constitue pas, à elle seule, la preuve d’autorisation recherchée par Google.
Le critère central repose sur le lien public entre le gouvernement et le domaine internet utilisé par l’annonceur. Le site officiel doit identifier ce domaine comme autorisé à proposer le document ou le service concerné.
Google peut également limiter la certification aux services pour lesquels cette autorisation existe. Une entreprise autorisée pour une formalité précise ne peut donc pas automatiquement utiliser cette reconnaissance pour promouvoir d’autres documents gouvernementaux.
Les e-Visas et ETA sont directement concernés
La politique Google Ads cite explicitement les visas électroniques et les autorisations électroniques de voyage parmi les catégories réglementées.
Google donne notamment comme exemples l’ESTA américain et l’eTA canadienne. Les demandes de visas touristiques ou étudiants peuvent également entrer dans le champ de cette politique lorsqu’une annonce propose leur obtention directe.
Le périmètre est plus large que les seuls visas et ETA. Google inclut aussi certains documents d’entrée aux frontières, comme les formulaires de localisation des passagers ou de contrôle sanitaire, ainsi que des services tels que les passeports et plusieurs programmes américains de voyageurs enregistrés.
Une annonce « Sponsorisé » n’est pas un portail officiel
Google distingue clairement les annonces des résultats naturels de son moteur de recherche. Les emplacements publicitaires peuvent apparaître au-dessus, autour ou à proximité des résultats gratuits et sont identifiés comme sponsorisés.
Cette présence publicitaire indique qu’un annonceur paie pour diffuser une annonce. Elle ne permet pas, à elle seule, de déterminer si le site appartient à un gouvernement.
Google prévoit d’ailleurs une mesure spécifique pour les documents administratifs. Pour certaines annonces relevant de cette politique, la plateforme peut générer automatiquement la mention « Not a government website » lorsque l’annonceur n’est pas certifié comme organisme gouvernemental.
L’ETA britannique illustre le risque de confusion
Le Royaume-Uni fournit un exemple concret de l’écart pouvant exister entre une procédure officielle et les services proposés par des intermédiaires.
Au 6 août 2026, le gouvernement britannique facture officiellement l’ETA 20 livres sterling. GOV.UK précise que d’autres sites peuvent demander davantage et avertit les voyageurs contre les plateformes qui imitent les services gouvernementaux.
Le gouvernement britannique indique également qu’un intermédiaire ne permet pas d’obtenir une décision plus rapide que la demande effectuée via le site ou l’application officiels.
Cela ne signifie pas qu’un prestataire privé proposant une assistance est nécessairement frauduleux. Il peut facturer un accompagnement distinct. En revanche, le tarif gouvernemental et les éventuels frais de service constituent deux éléments différents.
Ce qui peut changer pour les professionnels du tourisme
Pour une agence de voyages classique qui informe simplement ses clients sur les formalités nécessaires et les renvoie vers un portail gouvernemental, la mise à jour ne signifie pas une interdiction générale de communiquer sur les visas ou ETA.
Le sujet devient plus sensible lorsqu’une entreprise utilise Google Ads pour proposer directement l’obtention d’un document gouvernemental ou lorsqu’elle travaille avec un intermédiaire spécialisé qui dépend fortement de ce canal d’acquisition.
Dans ce cas, la certification Google et la reconnaissance publique du domaine par l’administration concernée deviennent déterminantes.
Les agences et tour-opérateurs ont également intérêt à vérifier les liens communiqués aux voyageurs. Une recherche Google n’est pas, à elle seule, un moyen d’identifier le portail officiel d’une destination. Les sites gouvernementaux restent la référence pour vérifier le coût administratif, les conditions d’éligibilité et la procédure applicable.
Google ne supprime donc pas la publicité pour les visas
Le changement annoncé pour le 5 octobre 2026 ne constitue pas une interdiction générale des annonces relatives aux visas et ETA.
Google maintient la possibilité de diffuser certaines publicités pour les gouvernements certifiés et les prestataires répondant à ses critères d’autorisation. Le durcissement porte principalement sur la preuve permettant à une entreprise privée de revendiquer ce statut.
La conséquence exacte sur le nombre d’annonceurs visibles après le 5 octobre reste inconnue. Affirmer dès maintenant que les intermédiaires privés vont disparaître de Google serait donc excessif. En revanche, ceux qui ne peuvent pas démontrer l’autorisation exigée s’exposent à ne plus pouvoir diffuser certaines annonces relevant de cette politique.
Mise à jour du 6 août 2026 : les règles Google Ads relatives aux documents et services gouvernementaux ainsi que les tarifs officiels cités dans cet article ont été vérifiés à cette date. La nouvelle mise à jour doit commencer à s’appliquer le 5 octobre 2026.
Sources
- https://support.google.com/adspolicy/answer/13156083?hl=fr
- https://support.google.com/adspolicy/answer/17260489?hl=en
- https://support.google.com/google-ads/answer/1722080?hl=fr-FR
- https://visasnews.com/google-durcit-les-regles-sur-les-publicites-pour-les-visas-et-eta/
- https://www.gov.uk/eta

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