Transavia change de dimension dans l’organisation d’Air France-KLM. Depuis le 4 septembre 2026, Oltion Carkaxhija est directeur général de Transavia au niveau du groupe. Une fonction nouvelle qui place pour la première fois un même dirigeant au-dessus des activités française et néerlandaise de la marque low-cost.
Attention toutefois au raccourci : Transavia France et Transavia Pays-Bas ne perdent pas leurs directions respectives. Olivier Mazzucchelli reste à la tête de l’entité française et Paul Terstegge de l’entité néerlandaise. Air France-KLM ajoute un étage de pilotage commun.
Ce changement arrive à un moment particulier. Transavia transporte davantage de passagers, augmente ses capacités et prend une place considérable à Paris-Orly. Mais ses comptes restent sous pression, notamment avec la hausse du carburant et la transformation simultanée de ses deux flottes.
En bref
Transavia passe sous un pilotage commun
Air France-KLM a officialisé la nomination d’Oltion Carkaxhija le 3 septembre, avec effet dès le lendemain.
Jusqu’ici directeur général adjoint Opérations d’Air France-KLM, il reçoit une mission assez explicite : mettre en œuvre la stratégie du groupe destinée à renforcer Transavia, notamment sur le marché intra-européen.
Le choix du profil n’est pas anodin.
Oltion Carkaxhija travaille sur la transformation et la stratégie d’Air France-KLM depuis plusieurs années. Il a notamment été chargé de la réduction des coûts unitaires, de la compétitivité et de la stratégie du groupe avant de prendre les opérations.
Il reste par ailleurs membre du comité exécutif d’Air France-KLM.
La low-cost remonte donc directement dans la chaîne de décision du groupe.
Selon la presse spécialisée, Aviation Week décrit bien la nouvelle architecture : un CEO global de Transavia, tout en maintenant les patrons des deux compagnies nationales.
La nuance est loin d’être cosmétique. Air France-KLM veut davantage coordonner une marque qui partage un nom et une stratégie générale, mais dont les opérations françaises et néerlandaises restent juridiquement et opérationnellement distinctes.

La croissance est forte, les résultats beaucoup moins confortables
Cette réorganisation n’arrive pas au milieu d’une période calme.
Au deuxième trimestre 2026, Transavia a transporté 8,5 millions de passagers, soit 13,3 % de plus qu’un an auparavant. Ses capacités ont augmenté de 7,3 % et son taux de remplissage a atteint 91,2 %.
Commercialement, la machine tourne donc vite.
Financièrement, le tableau est plus difficile.
Transavia a enregistré une perte opérationnelle ajustée de 35 millions d’euros au deuxième trimestre et de 265 millions sur l’ensemble du premier semestre 2026.
Le poste carburant a particulièrement pesé : il a augmenté de 50,1 % au deuxième trimestre par rapport à la même période de 2025.
Air France-KLM indique que la progression de la recette unitaire n’a pas suffi à absorber cette hausse.
Dans le même temps, les deux Transavia sont engagées dans leur transition des Boeing 737 vers la famille Airbus A320neo. La situation géopolitique au Moyen-Orient a également provoqué des annulations vers Israël, le Liban et l’Arabie saoudite, ainsi qu’un affaiblissement des réservations vers certaines destinations voisines.
Voilà un contexte beaucoup plus concret que les vagues « turbulences économiques » souvent utilisées pour expliquer une réorganisation.
Transavia grandit. Mais cette croissance doit maintenant être rendue plus rentable.
À Orly, Transavia est déjà devenue incontournable
Le poids de la compagnie dans la stratégie d’Air France-KLM s’est surtout renforcé en France.
Depuis le 29 mars 2026, Air France a regroupé l’essentiel de ses opérations parisiennes à Charles-de-Gaulle, hors certaines liaisons corses sous obligation de service public.
Transavia a récupéré une partie du terrain laissé à Orly.
Le groupe la présente désormais comme son opérateur de référence sur la plateforme, où Transavia détient environ 50 % des créneaux horaires après la réorganisation.
La compagnie a parallèlement renforcé ses lignes intérieures entre Orly et Nice, Marseille et Toulouse, avec un produit davantage pensé pour attirer une clientèle professionnelle : fréquences permettant certains allers-retours dans la journée, flexibilité renforcée, Flying Blue et accès à des salons sur plusieurs aéroports.
Autrement dit, Transavia ne sert plus uniquement à aller chercher le voyageur loisirs qui compare un vol pour Marrakech, Lisbonne ou Athènes.
Air France-KLM lui confie une part beaucoup plus large du court et moyen-courrier au départ d’Orly.
Dans ce contexte, conserver deux stratégies nationales fonctionnant trop séparément aurait fini par devenir difficile à tenir.
Un seul patron ne signifie pas une seule compagnie
C’est probablement le point que les professionnels doivent retenir.
La création du poste occupé par Oltion Carkaxhija ne fusionne pas Transavia France et Transavia Pays-Bas.
Olivier Mazzucchelli continue de diriger la France. Paul Terstegge, arrivé en février 2026, reste CEO de l’activité néerlandaise.
Il serait donc trop tôt pour annoncer une harmonisation générale des tarifs, des réseaux, des contrats commerciaux ou des organisations internes.
Air France-KLM ne promet d’ailleurs rien de tel dans son communiqué.
En revanche, le groupe se donne désormais un dirigeant capable d’arbitrer la stratégie Transavia à une échelle supérieure aux deux marchés nationaux.
Pour la flotte, le réseau, les coûts ou les investissements, cette coordination peut devenir importante. Mais les effets concrets devront être jugés sur les décisions qui suivront, pas sur le nouvel organigramme.
Pour les agences, le vrai sujet sera le réseau Transavia 2027
À court terme, rien ne change dans une réservation Transavia parce qu’un nouveau directeur général vient d’être nommé.
Le sujet devient plus intéressant lorsque l’on regarde les prochains programmes de vols.
Air France-KLM prévoit encore une croissance des capacités de Transavia d’environ 8 % sur l’ensemble de 2026. Dans le même temps, le groupe dit travailler davantage sur la rentabilité du réseau et la réduction des coûts unitaires.
Ces deux objectifs devront cohabiter.
Pour les agences, tour-opérateurs et destinations, les prochains arbitrages de lignes donneront donc davantage d’informations que les discours de gouvernance : où Transavia continue-t-elle d’ajouter des capacités ? Quelles routes deviennent stratégiques ? Et où le groupe choisit-il au contraire de ralentir ?
La nomination d’Oltion Carkaxhija ne transforme pas Transavia du jour au lendemain. Elle montre surtout qu’Air France-KLM ne considère plus sa low-cost comme deux compagnies voisines qu’il suffit de laisser grandir chacune de son côté.
Avec la montée en puissance d’Orly, la croissance intra-européenne et une rentabilité à restaurer, Transavia devient suffisamment importante pour avoir désormais son propre patron au niveau du groupe.
Sources
- https://www.airfranceklm.com/fr/newsroom/nominations-et-changements-organisationnels-au-sein-dair-france-klm
- https://www.globenewswire.com/fr/news-release/2026/07/30/3335784/0/fr/r%C3%A9sultats-t2-2026-d-air-france-klm.html
- https://www.airfranceklm.com/fr/newsroom/air-france-klm-reorganise-ses-operations-parisiennes-pour-optimiser-ses-bases-et-hubs
- https://news.transavia.com/en/paul-terstegge-new-ceo-transavia/
- https://aviationweek.com/air-transport/airlines-lessors/air-france-klm-transavia-announce-senior-management-changes

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